Sécurité Alimentaire

Sécurité Alimentaire

L’enclavement important et la forte exposition aux aléas climatiques font du bas Nord-ouest (BNO) l’une des régions les plus pauvres d’Haïti. La production agricole souffre beaucoup des régulières sécherres et inondations et de la rareté des infrastructures d’irrigation (moins de 5% des terres agricoles); de fait, un bon rendement agricole est seulement acquis tous les 4 ou 5 ans. Par ailleurs, selon l’Observatoire de la Sécurité Alimentaire du Nord-ouest (OSANO), 43% de la population des 4 communes du BNO sont en situation de crise alimentaire, dont 25% en insécurité alimentaire modérée et 18% en insécurité alimentaire élevée, et le taux de malnutrition est également l’un des plus élevé du pays.

Le programme de Sécurité alimentaire est une initiative qui se propose de réduire le niveau d’insécurité alimentaire dans le BNO, notamment à Bombardopolis, en mettant en valeur les potentialités agricoles locales (pêche, élevage caprin, manioc…).

Contexte

La filière manioc est la principale filière agricole de Bombardopolis. Auparavant, les producteurs de maniocs n’avaient pas la possibilité de transformer avec facilité les tubercules. Les producteurs de maniocs et les marchandes de cassaves faisaient face à diverses difficultés telles que la faible rentabilité des récoltes, les problèmes liés à la distribution de masse (transformation et emballage).

ADEMA en priorisant l’Economie Sociale et Solidaire a accompagné trois organisations communautaires de base des trois sections de la commune pour la réalisation des actions de renforcement de la filière.

Le manioc occupe une place prépondérante dans la production vivrière de la commune de Bombardopolis. Les caractéristiques agronomiques de cette culture favorisent son adaptation à la répartition inégale des pluies. Selon différents rapports d’études, le manioc représente 40% de cette production et de ce fait y  joue un rôle  socioéconomique  important.

La digue en terre battue, structure conversationniste à promouvoir dans le traitement des ravines

Tout le monde s’accorde à reconnaitre aujourd’hui l’acuité des problèmes relatifs à la conservation de sol en Haïti en général et dans le Nord-Ouest en particulier. L’histoire des pratiques paysannes  dans les campagnes haïtiennes  s’est manifestée par une destruction progressive et considérable  du couvert arbustif et arboré, destinée à élargir les surfaces cultivées  et satisfaire les besoins d’ une population sans cesse croissante et sous équipée   : abattis –brûlis pour la mise en culture de nouvelles terres , coupes de bois pour la construction et les besoins énergétiques (bois de feu, charbon de bois ….) réduction des surfaces en jachère et diminution des friches, surpâturage des terres de parcours (‘’raks’’). Suite à ces destructions, on observe de nos jours une fragilisation très prononcée des écosystèmes dont la sensibilité était déjà très accusée du fait des conditions naturelles, tropicales et montagneuses.

L’implication des femmes dans les activités génératrices de revenus et de mitigation

Adema, dans le cadre de son programme de Sécurité Alimentaire, intervient dans le développement d’activités économiques dans le bas Nord-Ouest, principalement dans les secteurs suivants : la pêche, l’élevage, l’agriculture et le commerce. Les femmes, comme les hommes, représentent un facteur important dans les différentes activités de mitigation visant à les rendre résilient/es face aux risques et désastres dans la zone.

Récemment, plus d’une centaine de femmes ont participé à la réalisation de murs secs à Bombardopolis, Baie-de-Henne et Môle Saint-Nicolas. Elles intègrent aisément les différentes activités et opèrent de manière active leurs principales tâches. 37 femmes sur 59 membres ont bénéficié de crédits agricoles au sein de l’Association des Planteurs de Maniocs de Plaine d’Orange à Bombardopolis, afin de participer à la pérennisation de la production de maniocs sur la commune. Elles s’aventurent parfaitement dans la plantation et dans la transformation de ce produit.